L'Edito

NIZAR.JLIDI écrit/ Opposition tunisienne : le naufrage moral d’une caste sans peuple

 

Nizar Jlidi critique dix années de gouvernance des Frères musulmans en Tunisie
Pour Nizar Jlidi, la Tunisie a traversé dix années de sécheresse et de difficultés sous le régime des Frères musulmans – Voix des deux rives.

Ils parlent au nom de la démocratie, mais jamais de la Patrie,car ils n’ont plus de peuple. Ils dénoncent l’Etat, sans jamais proposer d’alternative. Entre alliances suspectes, procès lourds, népotisme et scores électoraux dérisoires, « l’opposition » tunisienne s’est enfermée dans une posture d’obstruction permanente. À force de confondre critique et sabotage, elle a cessé d’être une option. Elle est devenue un symptôme du problème.

La Tunisie n’est plus dans le même moment politique qu’en 2011. Le pays a traversé une décennie d’illusions, de compromis toxiques et de faillites assumées au nom d’une transition mal comprise. Aujourd’hui, l’Etat tente de se redresser, de reprendre ses prérogatives et de restaurer un minimum d’autorité. Face à ce mouvement, une opposition bruyante s’agite. Elle se présente comme la conscience du pays. Elle ne l’a jamais été.

Ce qui frappe, ce n’est pas la vigueur de la critique — elle est légitime dans toutes les Républiques — mais son vide. Pas de projet économique crédible. Pas de vision institutionnelle cohérente. Pas de proposition sociale structurée. À la place, une rhétorique de dénonciation, répétée sur les plateaux, déconnectée de la réalité de la Tunisie, souvent tournée vers l’étranger. Une opposition qui parle beaucoup, mais qui n’explique jamais comment surmonter les obstacles.

Plus grave encore, cette « opposition » s’est construite sur des alliances et des choix qui ont lourdement pesé sur le pays. De 2011 à 2021, plusieurs de ses figures ont servi de paravent politique à des forces obscurantistes qui ont terrassé l’Etat, fragilisé la société et ouvert la voie à l’insécurité. Aujourd’hui, les mêmes tentent de se recycler en procureurs de la légalité, comme si l’histoire avait été effacée.

Cette analyse ne vise pas à interdire la critique ni à sanctuariser le pouvoir. Il pose une question simple, mais décisive : qui parle au nom des Tunisiens, et avec quelle légitimité ? Car une opposition sans peuple, sans bilan et sans cohérence n’est pas une alternative. C’est un blocage. Et la Tunisie ne manque pas de problèmes.

 

Une opposition hors-sol, absente du pays réel

 

Le premier trait commun de l’opposition tunisienne actuelle est sa déconnexion. Déconnexion électorale, d’abord. Les chiffres sont implacables. À chaque scrutin, ces figures accumulent des scores marginaux, souvent réduits à des fractions symboliques. « Zéro virgule » est devenu un surnom cruel, mais révélateur. Il ne traduit pas un complot, il traduit un désaveu du peuple.

Déconnexion sociale, ensuite. Les préoccupations dominantes des Tunisiens — inflation, emploi, services publics, sécurité — sont rarement traitées autrement que comme des slogans. Les discours restent abstraits, juridiques, parfois moralisateurs. Ils parlent de procédures quand le pays demande des solutions. Ils parlent de principes quand la société réclame de la stabilité.

Déconnexion politique, enfin. Une partie de cette opposition semble avoir renoncé à convaincre à l’intérieur pour chercher une reconnaissance à l’extérieur. Communiqués en langues étrangères, tribunes internationales, appels voilés aux pressions diplomatiques : le centre de gravité s’est déplacé. Le débat national est remplacé par une mise en scène où la Tunisie est décrite comme incapable de se gouverner seule.

Cette posture pose un problème fondamental. Critiquer l’Etat est un droit. Prétendre parler en son nom sans base populaire en est un autre. L’opposition tunisienne confond trop souvent visibilité médiatique et légitimité politique. Or, dans une démocratie, la parole ne se mesure pas au nombre d’interviews, mais à la capacité de rassembler, de proposer et d’assumer.C’est dans ce vide que prospère une opposition de posture. Elle s’oppose par réflexe, sans hiérarchiser, sans prioriser, sans responsabilité. Elle n’accompagne rien, ne construit rien, ne corrige rien. Elle bloque. Et à force de bloquer, elle s’est elle-même disqualifiée.

 

Hamma Hammami : l’opposant permanent, jamais responsable

 

La question n’est pas de savoir si Hamma Hammami est un opposant – c’est un contrarien imbu de sa personne. Elle est de comprendre à quoi, et au nom de quoi. Depuis des années, sa présence politique se résume à une posture : être contre. Contre les gouvernements, contre les majorités, contre les ruptures. Toujours contre. Mais rarement pour quelque chose de précis, de structuré, de gouvernable.

Où est-il aujourd’hui, lorsque l’Etat tente de reprendre pied après une décennie de dérive ? Que propose-t-il, au-delà de la dénonciation ? L’histoire récente montre surtout un homme qui attend les vagues plus qu’il ne les crée, prêt à surfer sur le mécontentement quand il surgit, mais incapable de transformer cette énergie en projet. Cette absence de cap explique en partie pourquoi son poids électoral n’a jamais dépassé le stade symbolique.

Le paradoxe devient plus grave quand on regarde son passé politique. Socialiste revendiqué, démocrate autoproclamé, Hamma Hammami a pourtant participé, avec d’autres figures de l’opposition, à la normalisation des islamistes d’Ennahdha au pouvoir durant la décennie noire. En cautionnant, directement ou indirectement, l’intégration des ennemis de la Tunisie et des Tunisiens dans le jeu institutionnel, il a contribué à blanchir un courant qui a ensuite appauvri l’Etat et fracturé la société. Ce choix n’était pas une fatalité. Il était un calcul.

La contradiction est aujourd’hui flagrante. Hamma Hammami reconnaît lui-même l’ampleur de la catastrophe produite par les islamistes avant 2021. Il en dresse parfois le constat sans détour. Mais au moment où un processus politique met fin à cette domination, il choisit l’opposition frontale. Non par désaccord stratégique clair, mais par réflexe. Cette incohérence alimente l’image d’une schizophrénie politique : lucide sur le désastre, mais incapable d’assumer les conséquences de ce diagnostic.

Dans le langage populaire, les Tunisiens ont trouvé une formule pour résumer ce malaise : « Hamma contre ». Elle n’est pas élégante, mais elle est parlante. Être contre tout n’est pas une ligne politique. C’est une facilité. Et à force de refuser toute responsabilité, Hamma Hammami s’est enfermé dans le rôle du contestataire professionnel, respecté pour son verbe, jamais suivi pour son projet.

La démocratie ne se résume pas à l’opposition permanente. Elle exige aussi la capacité de proposer, de trancher, d’assumer. Sur ce terrain-là, Hamma Hammami n’a jamais fait le pas décisif. Il n’est pas devenu un homme d’Etat, malgré son âge. Il est resté un homme de tribune.

 

Mohamed Abbou : la morale à géométrie variable

Mohamed Abbou s’est bâti une image : celle du juriste rigoureux, du pourfendeur de l’injustice, du défenseur intraitable des libertés. Mais à l’épreuve des faits, cette posture se fissure. Car ce qu’il revendique comme une ligne morale apparaît surtout comme une rhétorique changeante, ajustée aux circonstances et aux alliances du moment.

Il parle d’atteintes à la liberté d’expression. Pourtant, il occupe tous les espaces : plateaux de télévision, radios, manifestations, tribunes écrites. Il critique le Président de la République sans entrave, souvent sur un ton qui dépasse la controverse politique pour glisser vers l’irrespect assumé. Appeler le chef de l’État par son prénom, sans titre ni retenue, n’est pas un acte de courage. C’est une stratégie de provocation. Et venant d’un ancien ministre, ce comportement pose une question simple : s’agit-il de défendre une cause, ou de nourrir une posture ?

Cette confusion s’aggrave quand Abbou évoque son propre passage au pouvoir. Il décrit volontiers cette période comme un moment de probité et d’équilibre, oubliant les conditions politiques qui l’ont rendue possible. Son accession aux responsabilités s’est faite dans le cadre d’alliances avec les islamistes, alliances qu’il critique aujourd’hui avec la même vigueur qu’il les a autrefois acceptées. Le principe semble constant, le camp change.

L’incohérence devient structurelle à partir de 2021. Lorsque la domination islamiste s’effondre, Abbou s’en réjouit. Il y voit la fin d’un cycle qu’il dit avoir combattu. Il s’en attribue même les mérites. Mais très vite, il se repositionne contre l’Etat, sans clarifier ce qui a changé dans son analyse de fond. Résultat : une succession de retournements qui laisse une impression durable d’opportunisme. À force de changer de cible, le discours perd sa crédibilité.

Il y a enfin un angle que Mohamed Abbou évite soigneusement : sa responsabilité politique dans des choix lourds de conséquences. L’amnistie législative générale de 2011, qu’il a défendue aux côtés d’autres figures de la « transition », a libéré des profils qui ont ensuite alimenté la violence et le terrorisme pendant une décennie. Ce lien n’est jamais assumé. Il est contourné, minimisé, dilué dans des abstractions juridiques.

La question n’est donc pas de savoir si Mohamed Abbou a le droit de critiquer. Il pratique ce droit avec beaucoup de libertinage. Elle est de comprendre pourquoi il refuse d’assumer ce qu’il a soutenu, validé ou rendu possible. La morale politique ne peut pas être sélective. À défaut, elle devient un instrument. Et à force de l’utiliser ainsi, Mohamed Abbou a transformé une exigence éthique en simple variable d’ajustement.

 

Moncef Marzouki : l’opposant qui a choisi l’étranger contre son pays

Sur Moncef Marzouki, l’essentiel a déjà été dit ailleurs, et longuement. Lui accorder davantage de temps serait presque lui rendre service. Il suffit donc de rappeler les lignes de force d’un parcours qui résume, à lui seul, la dérive d’une opposition devenue étrangère à la notion même d’intérêt national.

Ancien président de la République, Marzouki n’a jamais accepté sa sortie du pouvoir. Au lieu d’assumer l’échec politique de l’expérience qu’il a incarnée, il a choisi de nuire à la Tunisie autant qu’il lui est possible. Depuis l’étranger, il multiplie les prises de parole contre son propre pays, sur des plateformes qui n’ont jamais caché leur hostilité à l’Etat tunisien. Ce n’est plus de la critique interne. C’est une stratégie d’externalisation du conflit politique.

Les condamnations judiciaires qui le visent ne sont pas un détail périphérique. Elles constituent un tournant. Être condamné à de lourdes peines, notamment pour des crimes terroristes, et continuer à se présenter comme une figure morale de l’opposition relève d’une fuite en avant. La posture victimaire ne peut pas effacer la gravité des faits retenus par la justice tunisienne, ni le message politique désastreux qu’envoie un ancien chef de l’Etat condamné et toujours actif médiatiquement.

Plus problématique encore est la nature de son discours. Marzouki ne se contente pas de critiquer le pouvoir en place. Il plaide ouvertement pour des pressions extérieures, appelle à l’isolement de son pays, et s’aligne sur des agendas régionaux qui n’ont rien à voir avec les priorités tunisiennes. Cette opposition hors frontières n’a plus pour objectif de réformer l’Etat, mais de l’affaiblir.

Le contraste est saisissant. Alors que la Tunisie tente de restaurer une souveraineté mise à mal durant le règne des islamistes, un ancien président s’emploie à délégitimer son propre pays à l’international. Il ne parle plus au nom d’un courant politique structuré, encore moins au nom d’un électorat. Il parle pour lui-même, ses amis, et les tribunes qui l’accueillent.

À ce stade, Moncef Marzouki n’incarne plus une opposition. Il incarne une rupture. Rupture avec la responsabilité, rupture avec la mémoire collective, rupture avec l’idée même qu’un désaccord politique puisse s’exprimer sans nuire à la nation. C’est pour cette raison qu’il n’est plus central dans ce débat. Il en est le symptôme le plus extrême, pas l’alternative.

 

Ahmed Néjib Chebbi : le touriste politique et la rente familiale

Ahmed Néjib Chebbi se présente comme une figure tutélaire de l’opposition tunisienne. L’image est flatteuse. La réalité l’est beaucoup moins. Son parcours ressemble moins à une trajectoire politique cohérente qu’à une succession d’escales, sans ancrage durable ni résultats tangibles. Des droits de l’homme aux coalitions partisanes, des promesses de renouveau aux recompositions opportunes, il a surtout traversé les décennies sans jamais construire un rapport de force réel.

Sur le plan électoral, le constat est sans appel. Les partis qu’il a dirigés ou incarnés n’ont jamais convaincu au-delà de sa propre chambre d’écho. Les scrutins se sont succédé, les scores sont restés faibles. Cette absence de résultats n’a pourtant jamais conduit à une remise en question. Chebbi est resté omniprésent dans l’espace médiatique, comme si la longévité tenait lieu de légitimité.

À cette inexistence politique s’ajoute un malaise plus profond : la confusion entre engagement public et gestion familiale. Pourquoi le secrétariat général de son parti est-il revenu à son frère, Issam Chebbi ? Sur quels critères, sinon la proximité personnelle ? Et comment expliquer l’omniprésence médiatique de son fils, Louay Chebbi, propulsé sur toutes les plateformes numériques et audiovisuelles sans bagage politique ni expérience de terrain ? La question n’est pas morale, elle est politique. Dans un pays lassé des privilèges, cette reproduction interne discrédite tout discours sur la démocratie et le renouvellement.

Cette dérive n’est pas anecdotique. Elle révèle une conception patrimoniale de l’opposition, où les partis deviennent des structures de transmission, et la parole publique un héritage. Là où la Tunisie aurait besoin d’idées, de programmes et de cadres nouveaux, elle se retrouve face à des dynasties politicardes sans base populaire.

Enfin, le positionnement judiciaire de Chebbi achève de brouiller le tableau. Être condamné dans une affaire de conspiration contre la sûreté de l’Etat n’est pas un simple épisode. C’est un fait politique qui interroge la responsabilité, le jugement et la loyauté envers la Patrie. À ce stade, la posture de victime ne suffit plus à masquer l’échec d’un parcours qui n’a jamais su transformer l’opposition en alternative.

Ahmed Néjib Chebbi n’a pas été marginalisé par le pouvoir. Il a été dépassé par le peuple. Et ce décalage, loin d’être conjoncturel, est devenu structurel.

 

Ayachi Hammami : de l’ombre institutionnelle à la conspiration

Ayachi Hammami n’est pas une figure populaire. C’est précisément ce qui rend sa mise en scène internationale si troublante. Présenté à l’étranger comme un symbole des droits humains, il reste largement inconnu du public tunisien. Cette dissociation n’est pas accidentelle. Elle révèle une opposition qui parle davantage aux chancelleries et aux ONG qu’aux Tunisiens.

Son passage au gouvernement Fakhfakh en 2020 est pourtant un fait politique central. Ministre chargé des Droits de l’homme et des Relations avec les instances constitutionnelles et la société civile, Ayachi Hammami a exercé ses fonctions dans un exécutif soutenu par les islamistes. Il a donc été partie prenante d’un système qu’il prétend aujourd’hui combattre, ou défendre, ou les deux – on ne sait plus tellement. On ne peut pas s’ériger en solution après avoir contribué au problème.

L’épisode le plus lourd reste celui de la Cour constitutionnelle. À un moment décisif, alors que son installation conditionnait l’équilibre institutionnel, les blocages se sont accumulés. Procédures interminables, obstacles techniques, inerties répétées : le processus a été paralysé. Le résultat est connu. Même des années plus tard, l’Etat peine à démêler les entraves législatives héritées de cette période. Le soupçon n’est pas gratuit. Il est politique. Et il s’inscrit dans une logique où Ennahdha avait tout intérêt à maintenir le flou institutionnel, et où Ayachi Hammami tenait le tempo.

La suite du parcours éclaire cette cohérence. Ayachi Hammami a été condamné pour conspiration contre l’Etat. Le verdict ne tombe pas dans le vide. Il s’inscrit dans une trajectoire faite de loyautés mal assumées, de responsabilités éludées et de tentatives de repositionnement tardif. L’indignation médiatique internationale contraste avec l’indifférence des Tunisiens, signe d’un décalage profond entre l’image projetée et la réalité perçue.

Ce qui est présenté comme un combat pour les droits apparaît surtout comme une politique de couloir, une diplomatie parallèle sans base nationale. Quand le système qui l’a porté s’effondre, Ayachi Hammami cherche à revenir par la porte morale ce qu’il a perdu par la porte politique. Le calcul échoue. La condamnation, relativement légère au demeurant, clôt un cycle.

Dans ce parcours, il n’y a pas de surprise. Il y a une continuité. Continuité d’un engagement qui a servi des intérêts précis, puis tenté de se redéployer sous un autre label. Le dernier acte n’est pas une injustice. C’est l’aboutissement d’une logique. Ce sont les conséquences de l’hypocrisie.

 

Le faux miroir international : quand l’opposition survit par la caisse de résonance étrangère

 

Le dernier pilier de cette opposition disqualifiée n’est ni populaire ni politique. Il est médiatique. Faute d’ancrage national, ces figures ont trouvé refuge dans un espace parallèle : la presse étrangère et les chaînes transnationales. Là où elles ne représentent plus rien en Tunisie, elles deviennent, par un simple jeu de plateaux, des « opposants majeurs », des « voix incontournables », des « figures de la résistance ». Une fiction médiatique, répétée jusqu’à l’absurde.

Ce décalage n’est pas anodin. Il repose sur une logique bien rodée : amplifier des individus marginalisés en Tunisie pour en faire des références à l’extérieur. Peu importe leur poids réel, leurs résultats électoraux, leur crédibilité sociale. Ce qui compte, c’est leur utilité narrative. Ils servent un récit, pas un pays. Al Jazeera, France 24 et d’autres plateformes jouent ce rôle de chambre d’écho, en donnant l’illusion d’une opposition structurée là où il n’y a plus qu’un agrégat de ressentiments.

Les Tunisiens, eux, ont tranché. Ils n’accordent aucune valeur politique au nombre d’invitations sur des chaînes étrangères. Ils ne mesurent pas la légitimité à l’audience internationale, mais à l’adhésion nationale. Ce que disent les Qataris, les Marocains, les Turcs ou les Français n’a aucun effet sur le réel tunisien. Pas plus que les Etats qui financent ou inspirent ces lignes éditoriales. La souveraineté ne se négocie pas sur un plateau.

Plus grave encore, cette médiatisation externe a souvent servi à attaquer l’Etat tunisien dans son ensemble, pas seulement un pouvoir ou une politique. Les discours tenus à l’étranger reprennent les mêmes éléments : disqualification des institutions, appel aux pressions, soupçon généralisé. Ce n’est plus de l’opposition. C’est une trahison systématique, assumée, parfois revendiquée. À ce stade, la frontière entre critique politique et hostilité à la Tunisie est franchie.

Il faut donc remettre les choses à leur place. La Tunisie n’est pas en débat sur des chaînes étrangères. Elle se gouverne sur ses terres, avec ses citoyens, ses contraintes et ses choix. L’opposition qui ne vit que par l’étranger a cessé d’être une force politique. Elle est devenue un produit médiatique, consommé ailleurs, rejeté par le peuple tunisien.

Le clivage réel n’oppose plus pouvoir et opposition. Il oppose un Etat qui tente de se reconstruire à une caste qui n’existe plus que par le bruit qu’elle fait hors de ses frontières. Et sur ce terrain, les Tunisiens ont déjà choisi.

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